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Tu m’as allumé une clope avec ton rouge à lèvres trop rouge, même si tu fumais pas. Torse nu au dernier étage d’un hôtel minable, j’ai vidé deux pellicules de polaroïd sur toi, bourrée. Tu t’es levée, t’as trébuché dans la couette, un verre à la main. T’es allée voir à la fenêtre pendant que je regardais pas et t’as basculé. J’ai pas vu si tu l’avais fais exprès ou pas. J’aurais voulu ne jamais connaître ton nom. Tu t’es écrasée, poitrine nue, en jarretelles et hauts talons, sur ce trottoir plein de neige. Un froufrou noir qui ballottait de ton cou au caniveau, des débris de verre en auréole. Et j’avais cette clope en bouche avec trop de rouge à lèvres. Et ça a donné un putain de sens à ma vie.
Parce qu’il n’y a pas une photo, une chanson ou un poème qui soit capable de figer quelque moment qu’il soit. Il n’y a que la poursuite perpétuelle de sa nostalgie. Comme je le fais, en courant après le cliché qui me rendra cette sensation de vide intemporel, en faisant des séries de pola dans tous les hôtels du monde avec des filles qui te ressemblent pas, au rouge à lèvres trop rouge et dont les cigarettes sortent toujours du cadre.
Mais au final, y aura jamais rien d’autre que toi, morte dans la neige.
Anna. L’espoir du dernier instant. Une trace rouge sur un fond blanc. Je pensais avoir brillement raté ma vie, et t’es venue tout foutre en l’air.
Et je reviendrai tout foutre en l'air.
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Vous voulez de l'abus ? Vous voulez de l'excès ? Vous voulez du fiel mielleux glisser le long des coeurs comme du coulis de fraise sur une peau d'ivoire ? Vous voul.... Bon ok. Vous l'avez voulu.
Je suis fragmenté, resplendissant. Je suis le prisme qui renvoie les couleurs étranges et fascinantes de votre vie fade comme un yaourt sans matières grasses bon marché. Et je ne parle pas des leader price. On m'aime comme furent aimés les empereurs romains, parce que je suis du même sang et de la même folie.
Je n'ai pas eu a façonner mon rôle, il s'est fait naturellement, érodé chaque jour par le fantasme des autres.
Du genre à brûler Rome pour un mauvais poème. Du genre à tomber amoureux de sa soeur.
Du genre à s'ouvrir le coeur au couteau de boucher en criant "Nancy I fuckin'luv ya !" après l'avoir poignardée dans la baignoire.
Bon ok, lui c'était pas un romain. Et si ça vous plait pas, c'est #Dehors !
Nous ne sommes plus dans les années 60. Nous ne sommes pas nés dans une société en plein essor, avec son penchant révolutionnaire. Non. Nous sommes issus d’une dépression sociale. Nous ne rêvons pas de l’utopie des Golden Years, ne voulons pas cracher une vérité terne sur une image scintillante. Nous ne pensons pas avoir les yeux plus ouverts que la masse. Nous ne sommes pas le Pop Art. Nous ne sommes pas l’Underground. Nous sommes ce qu’il en résulte. Le fruit de la masse que les mass médias ont pris dans l’engrenage. Les enfants d’une contre-culture qui a perdu sa guerre. Nous ne réagissons pas à un nouveau mode de pensée.
Nous étouffons dedans.
Et on aimerait bien cracher un peu de sang sur une toile, pour voir si ça fait des étoiles.
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