On dit que dans les parkings, des cultes de raveurs se dévorent les uns les autres lorsque vient l'aube. On dit les enfants nés à minuit prient des monstres oubliés, dans les ténèbres de leur garde-robe. On dit que certaines lignes de tram s'arrêtent dans des stations fermées, et n'en ressortent que vides. On dit que les portes des couloirs de la gare du nord mentent sur leur transparence : qu'elles emprisonnent les gens dans un dédale infini, en montrant une fausse réalité. On dit qu'un peuple secret, lié au silence, vit dans les reflets des vitres, le long des immeubles-miroirs. Qu'ils peuvent échanger les vies, enlever les gens, quand personne ne les regardent. On dit que la Senne fut recouverte parce qu'elle changeait de sens et faisait parler les morts. Que les égouts forment une cathédrale, et que les anges de la Grand Place changent de position. On dit qu'à Noël, l'Archevêque descent de son socle pour réclamer vengeance. Que Mannenkenpis se baigne dans le sang. Que des hommes en costume gris se rendent au Sablon pour célébrer des sabbats. On dit que les abattoirs de Saint Gilles ne sont pas vraiment fermés, mais qu'on n'y tue plus d'animaux. Que du haut du Palais de Justice, on voit l'ombre des pendus des marolles. On dit que la Peste frappa si fort qu'elle est incrusté dans la pierre des remparts, et que des visages torturés s'y dessinent le soir. On dit que les bâtiments de l'Atelier d'Art Urbain sont des portes vers une autre réalité. Que sous la Bourse, un Labyrinthe infini mène vers les tombeaux de sorciers romains. On dit beaucoup de choses, sur Bruxelles.
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Vous voulez de l'abus ? Vous voulez de l'excès ? Vous voulez du fiel mielleux glisser le long des coeurs comme du coulis de fraise sur une peau d'ivoire ? Vous voul.... Bon ok. Vous l'avez voulu.
Je suis fragmenté, resplendissant. Je suis le prisme qui renvoie les couleurs étranges et fascinantes de votre vie fade comme un yaourt sans matières grasses bon marché. Et je ne parle pas des leader price. On m'aime comme furent aimés les empereurs romains, parce que je suis du même sang et de la même folie.
Je n'ai pas eu a façonner mon rôle, il s'est fait naturellement, érodé chaque jour par le fantasme des autres.
Du genre à brûler Rome pour un mauvais poème. Du genre à tomber amoureux de sa soeur.
Du genre à s'ouvrir le coeur au couteau de boucher en criant "Nancy I fuckin'luv ya !" après l'avoir poignardée dans la baignoire.
Bon ok, lui c'était pas un romain. Et si ça vous plait pas, c'est #Dehors !
Nous ne sommes plus dans les années 60. Nous ne sommes pas nés dans une société en plein essor, avec son penchant révolutionnaire. Non. Nous sommes issus d’une dépression sociale. Nous ne rêvons pas de l’utopie des Golden Years, ne voulons pas cracher une vérité terne sur une image scintillante. Nous ne pensons pas avoir les yeux plus ouverts que la masse. Nous ne sommes pas le Pop Art. Nous ne sommes pas l’Underground. Nous sommes ce qu’il en résulte. Le fruit de la masse que les mass médias ont pris dans l’engrenage. Les enfants d’une contre-culture qui a perdu sa guerre. Nous ne réagissons pas à un nouveau mode de pensée.
Nous étouffons dedans.
Et on aimerait bien cracher un peu de sang sur une toile, pour voir si ça fait des étoiles.
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