Projection d’un film sur une place publique. Un film montre quelqu’un qui atteint le bonheur parfait. Si parfait que ça en est troublant, horrible, dérangeant. Un bonheur qui coûte un prix. Et les gens qui le voient le comprennent, et semblent se résigner au sort que ce bonheur inflige avec une passivité décourageante. On vient les chercher, comme si c’était la fin d’un casting. Pourtant, il n’y a que des spectateurs, des familles.
On prend une photo de vous, de votre famille. Vous êtes heureux, tout le monde sourit. Mais bientôt, pour perpétuez ce bonheur, vous serez remplacé. Votre double arrive et prend votre place, vous devenez une copie conforme de vous-même, mais version flétrie, grotesque. La peau légèrement ridée, un double menton, que vous soyez vieux, ou jeune. Comme un reflet raté, incapable de sourire ou de représenter la moindre once de bonheur. C’est une petite fille qui le découvre. Elle passe dans une chambre, celle de la photo, en robe de nuit où ses parents la rejoignent. Les parents sont terrifiés, ils n’agissent pas, ils s’y trainent, s’y couchent en robe de chambre. La petite fille essaie de les rassurer lorsqu’on ferme la porte sur eux. Sur cette image figée de leur existence. Quelque part ailleurs, ils sont heureux. Ils n’en profitent pas. Vous les rassurez, caressant le bras de sa mère qui enlace celui de son père. Et pourtant, la peur résonne en vous.
Parce que cette petite fille, c’est vous.
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Vous voulez de l'abus ? Vous voulez de l'excès ? Vous voulez du fiel mielleux glisser le long des coeurs comme du coulis de fraise sur une peau d'ivoire ? Vous voul.... Bon ok. Vous l'avez voulu.
Je suis fragmenté, resplendissant. Je suis le prisme qui renvoie les couleurs étranges et fascinantes de votre vie fade comme un yaourt sans matières grasses bon marché. Et je ne parle pas des leader price. On m'aime comme furent aimés les empereurs romains, parce que je suis du même sang et de la même folie.
Je n'ai pas eu a façonner mon rôle, il s'est fait naturellement, érodé chaque jour par le fantasme des autres.
Du genre à brûler Rome pour un mauvais poème. Du genre à tomber amoureux de sa soeur.
Du genre à s'ouvrir le coeur au couteau de boucher en criant "Nancy I fuckin'luv ya !" après l'avoir poignardée dans la baignoire.
Bon ok, lui c'était pas un romain. Et si ça vous plait pas, c'est #Dehors !
Nous ne sommes plus dans les années 60. Nous ne sommes pas nés dans une société en plein essor, avec son penchant révolutionnaire. Non. Nous sommes issus d’une dépression sociale. Nous ne rêvons pas de l’utopie des Golden Years, ne voulons pas cracher une vérité terne sur une image scintillante. Nous ne pensons pas avoir les yeux plus ouverts que la masse. Nous ne sommes pas le Pop Art. Nous ne sommes pas l’Underground. Nous sommes ce qu’il en résulte. Le fruit de la masse que les mass médias ont pris dans l’engrenage. Les enfants d’une contre-culture qui a perdu sa guerre. Nous ne réagissons pas à un nouveau mode de pensée.
Nous étouffons dedans.
Et on aimerait bien cracher un peu de sang sur une toile, pour voir si ça fait des étoiles.
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