Je sortirai pas

28.08.07

Permalink 12:11:08, par Arachné Email , 449 mots, 163 vues   French (FR)
Catégories: Textes

Je sortirai pas

Ca fait des heures qu’ils frappent à la porte et je sortirai pas. Des jours que t’es tombé la main tendue vers moi. Que t’essaies de me regarder comme si tu voulais encore me prendre. Des jours que j’osais pas bouger, que je fixais la cuillère plantée dans ton œil en regardant se former ton sang en une flaque froide. Des semaines à pleurer jusqu'à ce que je crève de faim et que je lèche les derniers restes du gâteau que t’amenais pour mon premier anniversaire ici. C’était tout écrasé sous toi et je voulais pas en manger, mais j’avais trop mal au ventre. Je me suis empiffrée en m’en foutant partout et j’en avais rien foutre, d’avoir de la crème sur la bouche avec du sang dedans : ça faisait des jours que je chiais dans un coin pas loin de toi alors ça m’attristait pas.

Et puis je crevais de faim et y avait plus rien, dans cette pièce d’acier que t’avais conçue pour moi.

J’en pouvais plus de te voir couler comme ça et j’avais mal au ventre, autant que cette fois où tu m’as déchirée avec ce truc en métal. Je voulais plus que ça y ressemble alors quand j’ai arrêté de pleurer, je t’ai regardé des heures pour choisir par où j’allais commencer. Tu me fixais toujours de ce regard glacé comme quand tu me disais ces choses et ça me faisait peur.
J’ai commencé par là.

J’ai mis un peu de temps à décoincer la cuillère, comme toi avec ce truc en métal. Puis je t’ai creusé le visage en forme de cœur et ça m’a fait sourire. Y a des vers qui tombaient mais ça te rendait moins triste. J’ai éclaté de rire. Finalement j’étais pas si mal à côté de toi comme ça. Mais j’avais un peu froid et comme tu te ressemblais plus, je me suis glissé sous tes bras. Ca a craqué un peu, comme quand tu m’avais fait mal, la tête à l’envers sur cette grosse croix en bois.

Des heures qu’ils frappent à la porte parce qu’ils savent pas l’ouvrir et je me sens plus si mal même s’il y a l’odeur. Alors je sortirai pas. Je vais juste m’endormir et écouter les vers qui me chuchotent tes insultes, pour moins me sentir seule. Comme si c’était toi quand je les sens entrer en moi.

Mais je sortirai pas.

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Arnaques, crimes et Arachné

Vous voulez de l'abus ? Vous voulez de l'excès ? Vous voulez du fiel mielleux glisser le long des coeurs comme du coulis de fraise sur une peau d'ivoire ? Vous voul.... Bon ok. Vous l'avez voulu.

Je suis fragmenté, resplendissant. Je suis le prisme qui renvoie les couleurs étranges et fascinantes de votre vie fade comme un yaourt sans matières grasses bon marché. Et je ne parle pas des leader price. On m'aime comme furent aimés les empereurs romains, parce que je suis du même sang et de la même folie. Je n'ai pas eu a façonner mon rôle, il s'est fait naturellement, érodé chaque jour par le fantasme des autres.

Du genre à brûler Rome pour un mauvais poème. Du genre à tomber amoureux de sa soeur. Du genre à s'ouvrir le coeur au couteau de boucher en criant "Nancy I fuckin'luv ya !" après l'avoir poignardée dans la baignoire.

Bon ok, lui c'était pas un romain. Et si ça vous plait pas, c'est #Dehors !

Nous ne sommes plus dans les années 60. Nous ne sommes pas nés dans une société en plein essor, avec son penchant révolutionnaire. Non. Nous sommes issus d’une dépression sociale. Nous ne rêvons pas de l’utopie des Golden Years, ne voulons pas cracher une vérité terne sur une image scintillante. Nous ne pensons pas avoir les yeux plus ouverts que la masse. Nous ne sommes pas le Pop Art. Nous ne sommes pas l’Underground. Nous sommes ce qu’il en résulte. Le fruit de la masse que les mass médias ont pris dans l’engrenage. Les enfants d’une contre-culture qui a perdu sa guerre. Nous ne réagissons pas à un nouveau mode de pensée.

Nous étouffons dedans.

Et on aimerait bien cracher un peu de sang sur une toile, pour voir si ça fait des étoiles.

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